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Histoire d’un concept

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L’emprise du pouvoir religieux, l’ordre traditionnel et injuste de la société féodale, l’engourdissement de la pensée sont autant d’idées qui vont servir à caractériser le Moyen-Âge européen.[1] Époque « sombre » pensait Victor Hugo, période « obscure » relevait Auguste Comte. Rien ne paraît bouger, les hommes sont comme paralysés par la chape de plomb imposée par les seigneurs et le clergé.

C’est au xve siècle que l’on peut situer les premiers bouleversements. Un grand mouvement va se mettre en branle qui touchera respectivement les sphères économique (naissance de la société marchande puis de la société capitaliste), politique (premiers soubresauts visibles de la contestation contre l’hégémonie du pouvoir religieux avant la mobilisation plus directe du xviiie siècle) et sociale (accès à plus de liberté jusqu’à la reconnaissance du primat de l’individu). Ce grand moment de transformation dans les sociétés européennes va être identifié par un terme qui véhiculera les considérations les plus positives : la modernisation. La modernisation, c’est en clair une libération, l’arrachement de toutes les chaînes des dogmes intangibles, des traditions figées, des sociétés esclavagistes. C’est, dans le prolongement de ces considérations, l’accès au progrès : la raison en marche, la science en mouvement, la technologie en avant. C’est l’homme enfin rendu à son humanité avec le devoir de faire face au changement, de l’accepter, de le maîtriser.

Dès le xviie siècle, et plus clairement au xviiie siècle, de nombreux penseurs vont prendre position en faveur de la modernité. D’une façon ou d’une autre, ils s’opposeront tous à la société traditionnelle et appelleront à la rationalisation, à la sécularisation de la société et défendront un statut nouveau pour l’individu. Ce mouvement de pensée, qui a trouvé sa vigueur il y a trois cents ans, a gardé aujourd’hui encore toute sa force et n’a rien perdu, dans les débats qui ont cours en Occident, de sa légitimité. Nombreux sont ceux qui défendent la modernité au nom de la liberté, du progrès, de l’autonomie de la raison ; au nom, enfin, d’une certaine idée de l’homme et de l’humanisme.

Dominique Wolton résume de façon claire ce que recouvre aujourd’hui cette notion :

La modernité se caractérise par la méfiance, voire l’opposition à l’égard de la tradition ; le primat accordé à l’individu et l’importance cruciale de la liberté ; la croyance dans la raison, le progrès et la science, les trois étant liés ; le détachement de la société par rapport au sacré et à la religion à travers le processus de sécularisation ; la valorisation du changement et de la découverte ; et, plus généralement, le primat accordé à l’auto-réflexivité, l’auto-institution pour parler comme C. Castoriadis ; enfin, dans l’ordre politique, l’émergence d’une sphère privée distincte de la sphère publique, l’importance du droit et de l’État, et enfin la nécessité de construire et de défendre les libertés publiques, conditions de la démocratie. On comprend, dans ce rapide examen, en quoi la modernisation et la modernité constituent le socle de notre histoire contemporaine.[2]

Dominique Wolton a le mérite de situer ce rapport à la modernité dans une perspective historique : en effet, l’ensemble de ce que recouvre ce concept a été influencé par l’histoire européenne. À sa source, il exprime la révolte contre l’ordre ancien ; à son apogée, il est une véritable transmutation de l’ordre des valeurs. Alain Touraine exprime clairement ce double phénomène :

L’Occident a donc vécu et pensé la modernité comme une révolution. La raison ne connaît aucun acquis ; elle fait table rase des croyances et des formes d’organisation sociale et politique qui ne reposent pas sur une démonstration de type scientifique. (…) L’idée que la société est source de valeurs, que le bien est ce qui est utile à la société et le mal ce qui nuit à son intégration et à son efficacité, est un élément essentiel de l’idéologie de la modernité.[3]

Situer le phénomène de la modernisation sur le plan historique nous permet de mieux appréhender la logique qui le rendit si positif, si libérateur, si humain. Dans le même temps, cette démarche nous éclaire sur les principes qui, d’emblée, vont caractériser la modernité : contre toute tradition ou tout ordre établis, contre toute sacralité ou clergé inquisiteurs, contre toute révélation ou valeurs imposées, c’est l’affirmation de l’homme en tant qu’individu, la revendication de la liberté, la défense de la raison et, dans son prolongement, l’appel à la science et au progrès. Comme le disent Touraine et Castoriadis, c’est désormais l’homme – la société – qui fixe la norme et la valeur.

[1]. Nous savons aujourd’hui combien le Moyen-Âge fut au contraire riche et foisonnant d’idées qui, pour beaucoup, influeront sur la forme que prendra la Renaissance.

[2]. Dominique Wolton, La dernière utopie, Flammarion, 1993, p. 71.

[3]. Alain Touraine, Critique de la modernité, Fayard, 1992, p. 25 et p. 30.

2 commentaires - “Histoire d’un concept”

  1. Salâm alaykoum,

    Voyons ou « ça » nous mène, une chose est sûre, c’est que nous avons étés prévenus avant, et plusieurs fois… cependant je garde foi en Dieu, et c’est Son chemin que je choisi, peut-on seulement l’emprunter seul en laissant autant de frères et sœurs sur le côté?

    Les pleurs et les grincements de dents vont continuer encore un temps, apparemment!

    Courage et endurance a tous;

  2. A chaque source suffit son temps…

    D’où qu’il puisse apparaître, car naître n’enfreint toute hypothèse, l’accaparement est une valeur à double relativité, et fort heureusement et principalement, tout et rien ne suffit à l’éviter…

    Bien qu’il ne soit largement dispensable, les difficultés d’un passé ne peuvent, ne doivent s’ajouter à l’heure où tout meilleur suppose qu’il existe en chacun, en chacune, une même et grande réalité…

    …merci…

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