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Leçons spirituelles et humaines du Ramadan

Un grand merci à S.H. encore pour sa traduction de ce texte à partir de l’anglais. Nous cherchons encore et toujours des traducteurs/trices bénévol(e)s pour les textes publiés chaque semaine sous la rubrique « articles » de la section anglaise.

De la même façon, nous recherchons une assistance de direction/assistante personnelle maîtrisant très bien le français et l’anglais et ayant une expérience dans la gestion d’un bureau de travail. Sur Paris. Avis aux intéressé(e)s

************************************************************Il est toujours bon de réfléchir à la véritable signification de nos pratiques religieuses. Le mois du Ramadan a débuté et près d’un milliard et demi de musulmans de part le monde sont en train de jeûner, de participer non seulement à un voyage individuel et spirituel, mais également à une célébration religieuse collective. Le Ramadan est un temps pour revenir à nous mêmes, de revenir à nos familles, à nos communautés et à nos sociétés. Il est temps de méditer sur nos vies et d’évaluer nos vies. Hormis le fait d’être une obligation religieuse – et fréquemment une tradition familiale – le jeûne est une école qui comprend différents niveaux de connaissance, de compréhension et d’engagement.

Pour chaque croyant, le jeûne est une occasion de réfléchir profondément au sens de la vie, de ses priorités et de ses objectifs. Nous cessons de manger et de boire durant la journée afin de mieux nous maîtriser, afin de garder sous contrôle les caractéristiques humaines de notre être pendant que nous essayons de toucher l’aspiration positive en nous, semblable à une étincelle divine en nos coeurs. Le Ramadan n’est pas pourvu de facilité : c’est un effort physique exigeant en vue d’atteindre un accomplissement spirituel. Voilà où réside le sens de l’éducation (tarabiyya) en Islam, le Seigneur étant l’Educateur Suprême (ar-Rabb).

Ainsi, l’objectif principal est de nous réformer et de nous purifier, de purifier notre corps, de réformer et purifier notre esprit et notre coeur, au moyen d’exercices exigeants tels que la prière, le jeûne, le paiement de la zakat (l’impôt social purificateur). Il ne suffit pas de ne pas manger, de ne pas boire et de s’abstenir de rapports sexuels : jeûner, c’est redécouvrir une philosophie de la vie qui exige des efforts constants pour nous améliorer et pour nous réconcilier avec les valeurs et les objectifs que nous nous sommes fixés pour notre vie. Jeûner, c’est redécouvrir la signification de la miséricorde (rahma) et de la compassion, en commençant par nous-mêmes. Cela implique que nous demeurions confiants, optimistes et que nous cessions d’être accablés par la culpabilité. Le mois du Ramadan est le mois de la miséricorde et de la paix (salam), de la paix intérieure tout comme de la paix au sein de la communauté. C’est un mois d’amour, au cours duquel nous manifestons notre amour au Très Aimant (al-Waddûd) et répandons de l’amour autour de nous, à nos parents, nos enfants, nos semblables et tout particulièrement aux pauvres. Voici la manière dont le Très Aimant nous aimera, en se rappelant de nous en disant “Appelez-Moi, Je vous répondrai”, “Venez à Moi en marchant, c’est en courant que Je viendrai à vous”. Dieu, l’Unique, est plus près de chacun de nous que notre veine jugulaire. Il est tellement proche (qareeb), qu’Il est le Témoin (shaheed) plein de sollicitude et d’amour de tout ce que nous faisons.

Le Ramadan est le moment où la quête du sens de la vie, de retenue et de la discipline devrait prévaloir sur les désirs superficiels, les illusions et les appétits artificiel. Il est temps de manger moins, de méditer et donner plus. Malheureusement, les statistiques sont inquiétantes : les musulmans ont tendance à manger davantage durant le mois de Ramadan, terminant les jours de jeûne par des repas très copieux et festifs, voire même par des banquets, transformant le mois de retenue spirituelle en un mois d’opulence matérielle et de consommation excessive. Certains chrétiens ont fait part de leur inquiétude que Noël ne devienne une sorte de tradition familiale, perde sa signification spirituelle et justifie finalement, sous un vernis spirituel, le système consumériste du capitalisme. Les gens donnent davantage à Noël parce qu’ils dépensent davantage en terme de nourriture, de produits à la mode, etc. C’est devenu une période d’achats et de vente : bonne pour le marché, mais pas très bonne pour l’âme. Les musulmans devraient être conscients qu’ils pourraient finir par faire la même chose du Ramadan : nombreux sont ceux qui sont davantage intéressés par les nuits du Ramadan (à manger et même à faire la fête) plutôt que par ses journées de retenue et de modération. De nombreux musulmans sont en train de transformer le Ramadan en une copie de Noël : ils finissent par dépenser plus, manger plus et par délaisser les objectifs spirituels de leur jeûne. La réforme doit commencer par nous-mêmes, en maîtrisant nos dépenses et notre consommation et en approfondissant notre compréhension.

Le Ramadan est également un mois de solidarité humaine. Il se peut que nous éprouvions la faim jusqu’au coucher du soleil, pendant ce temps là des personnes sont en train de mourir de faim dans de nombreux pays et tout particulièrement en Somalie durant ces dernières semaines et ces derniers mois. Le Messager (PBSL) a toujours été généreux, mais d’autant plus généreux durant les jours de jeûne. Jeûner signifie nous rapprocher de l’Unique, du Premier, et de prendre soin des derniers, des pauvres, de ceux qui sont privés de droits et des exclus. Voilà le moment de donner de son temps, de son argent et de son coeur. La valeur spirituelle de la solidarité est nourrie par la manière dont nous positionnons personnellement : nous ne devrions pas donner afin de nous justifier, ou d’excuser notre paresse, notre manque d’engagement, nos contradictions, voire même nos mensonges. La qualité spirituelle de notre don dépend de notre lutte personnelle pour être des individus meilleurs et plus dignes. Notre auto-discipline personnelle durant le Ramadan nous enseigne que la manière dont nous donnons est tout aussi importante devant Dieu que ce que nous donnons. Il nous invite à rester dignes et à donner aux autres avec dignité, qu’ils soient musulmans ou des personnes de confession différente, dont nous respectons profondément et avec affection la dignité. Voilà la signification du verset du Coran “Certes, Nous (Dieu) avons honoré les fils d’Adam” “Certes, Nous (Dieu) avons donné la dignité aux êtres humains”, femme et homme, blanc et noir, riche et pauvre, musulman ou non.

Jeûner implique également de la justice, en étant attentifs aux droits de notre coeur, ainsi qu’à nos besoins spirituels. Jeûner est un acte de justice envers soi-même. Cela devrait également être un acte de justice envers les êtres humains de part le monde, ceux qui sont opprimés et traités de manière injuste. Dieu est le Juste (al Adl) et Il commande la justice, comme nous le dit le Coran. C’est le message que nous, musulmans, ne devrions jamais oublier lorsque nous voyons des civils syriens et bahreïni être tués alors qu’ils exigent justice, liberté et dignité. Nos coeurs et nos prières devraient être avec les opprimés, reconnaissant que la résistance face aux oppresseurs est légitime, surtout de manière non-violente, et tout particulièrement durant le Ramadan. Jeûner, c’est devenir conscients de ce qu’implique la manière dont nous nous comportons et ce que nous consommons. Soutenir le peuple syrien et les protestations qui perdurent à travers le monde arabe est cohérent avec ce mois d’amour, de compassion, de solidarité et de justice. Cela signifie également que nous devons vérifier ce que nous mangeons, afin d’éviter et boycotter les produits en provenance de pays occupants et de territoires occupés. Comment pourrions nous à la fois jeûner et manger des dattes exportées par Israël, entachées du sang de tant de Palestiniens innocents ? Jeûner, c’est être conscients, engagés pour la justice et résister de manière pacifique.

Entre l’expérience spirituelle individuelle et celle de la communauté, il y a une dimension commune qui définit le jeûne. Jeûner est un acte de libération. Jeûner, c’est se libérer de son ego, de son égoïsme et de ses illusions afin d’atteindre la liberté intérieure véritable de ceux qui sont en paix avec eux-mêmes. Jeûner, cela signifie libérer la société d’émotions collectives artificielles, du consumérisme, de compétition folle et de l’amour du pouvoir afin de nous affranchir de l’injustice, de l’oppression et de la guerre. En fin de compte, jeûner signifie apprendre individuellement et collectivement à donner, à résister et à servir. A la lumière de notre amour de l’Unique, et dans notre perspective humaine, servir, c’est être spirituellement plus libre que d’être servis.

11 commentaires - “Leçons spirituelles et humaines du Ramadan”

  1. il ne faut pas oublier l’essentiel RAMADHAN est pour dieu tous que nous fessons et pour nous sauf ramadahan on le fais pour dieu et il faut pas attendre quelque chose en contre partie santer, rigueur, purification etc… si on arrive à donner a notre allah ca sans attendre quelque chose en contre partie sera pour moi la plus belle chose à donner c’est la bonne souffrance… ca c’est mon avis c tous

    karim ghanouchi

    1. A titre correctif, informatif et/ou complémentaire :
      On ne donne pas « à » Dieu, on donne « pour l’amour » de Dieu (fy sabyli llaah, li-wajhi llaah). Dieu n’a pas besoin qu’on Lui donne quoi que ce soit. Il n’a pas besoin de nous, mais nous, nous avons besoin de Lui.
      Donner pour l’amour du Seigneur, c’est donner sans attendre un quelconque retour d’ordre matériel ou autre. Tu ne donnes pas pour que les gens en soient reconnaissants, qu’ils en témoignent devant un juge ici-bas, ou pour obtenir des faveurs de quiconque ici-bas.
      Le ramadan c’est l’occasion d’agir au nom de cette générosité pure. Les autres jours des autres mois que Dieu fait sont autant de ramadans et d’occasions pour les hommes de se rattraper, c’est juste que ce mois-là est un peu plus particulier : il y a une sorte de communion autour de l’Unique, et des bénédictions multipliées de cet Unique sur les coeurs qui aspirent à Lui.

  2. Barakallah M. RAMADAN, Qu’Allah vous préserve.
    Pour ceux et celles qui ont des compétences en traduction (de l’anglais au français), l’appel de la modératrice est une belle occasion pour servir la oumma. Manifestez-vous et merci aussi à S.H.
    NB : Note de la modératrice du site : Nous cherchons encore et toujours des traducteurs/trices bénévole(s) pour les textes publiés chaque semaine sous la rubrique « articles » de la section anglaise.

  3. Merci pour ce magnifique texte. Je prends toujours plaisir à lire et écouter Tarik Ramadan. Que Dieu vous protège et vous apporte les bienfaits que vous escomptez. Je vous signale une petite faute à corriger SVP, (de par le monde et non pas « de part le monde » dans les premier et dernier alinéas.
    Saha ftorkoum.
    Cordialement
    Wahiba

  4. « C’était un jeûne sans récompense. Au moins, celui-ci est inspiré de Dieu » Mohamed, 25 ans, somalien.

  5. Ce mois est miraculeux car il établit la concorde, la communion et la symbiose entre les musulmans par sa seule force. Allah réduit au silence toutes les divergences religieuses des groupes musulmans. Les musulmans agissent dans cette pratique de manière uniforme comme un seul corps, celui de la création soumise à son Seigneur. Chacun se concentre sur sa propre relation avec le Créateur. Allah nous montre le chemin de l’union que devrait entretenir les musulmans, non pas uniquement durant ce mois, mais continuellement. Sans nourriture, ni boisson, Allah humilie nos corps, qu’Il rend faible afin de rendre digne nos âmes. Il élève notre humanité, notre sensibilité pour être à l’écoute d’autrui, lui apporter notre attention, notre amour et notre compassion. L’Islam durant ce mois montre le détachement apporté à la vie d’ici bas dont il ne puise aucune nourriture, ni richesse, si ce n’est celle de nos corps que l’on alimente, et que l’on pare de toute la superficialité dont il peut vouloir se doter.

  6. ke allah le tout puissant te donne la force et la lumière intellectuelle afin que tu puisses nous édifier encore pendant des années durant ! salam frère

  7. bonjour à tout le monde pour ma part c’est la première fois que je laisse un commentaire . Je voulais donner mon impression sur le Ramadan. Pour les gens d’origine arabe et de ma génération ( je suis née en France, je suis d’origine kabyle et tunisienne et j’ai 24 ans)dans leur pratique de Ramadan on est loin du message de paix,d’amour, de solidarité, de don de sa personne…ça devient plutôt un jeu d’apparence. Je m’explique, celui qui fait le Ramadan le fait seulement par « crainte d’être montré du doigt » par les autres se trouvant dans la même situation qu’eux. Notre esprit a tellement été corrompu par la société matérialiste et individualiste dans laquelle nous vivons, que je crois que ces belles paroles d’amour, de solidarité, de paix (me réconfortes certes) mais me paraissent surtout utopiques. Comment montrer que l’islam est le plus beau message d’amour, une quête vers le bonheur et l’amour si la communauté musulmane est elle-même divisée, désunie? Les français d’origine arabe et de ma génération se sont en général les premiers à se réjouïr de l’échec de son « frère musulman », ils cherchent à être le plus « francisé » possible, s’éloignant de leurs origines ( moi la première puisque je ne les connais pas du tout), Donc bilan en France on est pas aimé parce qu on est d’origine arabe, dans les pays du Maghreb on est pas aimé parce qu on est considéré comme français et la communauté musulmane de France se casse du sucre dans le dos. Question: comment faire le Ramadan en étant sincère dans ces conditions ?

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