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L’appel au Jihâd 3/3

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c) Pour un jihâd social

Cette brève clarification sur l’une des notions centrales de la religion musulmane nous permet d’apporter un éclairage nouveau sur la question de l’action sociale. Tous les musulmans savent, et répètent, que la pratique de l’islam ne s’arrête pas à l’exercice de la prière, de l’impôt social purificateur, du jeûne et du pèlerinage. Chaque acte de la vie quotidienne réalisé avec le souvenir de la Présence divine est, en soi, un acte de reconnaissance et d’adoration (‘ibâdat). On connaît par ailleurs le lien étroit qui est établi dans le Coran entre le fait de croire et celui d’agir par la répétition insistante de la formule « Ceux qui croient et qui font le bien ». Ainsi donc, porter la foi, c’est croire et agir et l’action ici est de nature multiple : ce sera autant l’honnêteté que l’on s’impose, que la bonté et la générosité envers ses proches, que l’engagement déterminé dans les réformes sociales, ou encore que la mobilisation contre les injustices. Tous ces efforts déployés dans l’action participent bien du jihâd au sens où ils s’orientent vers un ordre plus juste et plus respectueux des principes révélés. Le verset précise :
« Les croyants sont ceux qui croient en Dieu et en son Prophète – puis qui n’en doutent plus – et qui luttent dans le chemin de Dieu avec leurs biens et leurs personnes. Voilà ceux qui sont véridiques. » Coran 49/15

On peut lire la formulation au sens strict et affirmer qu’il s’agit ici de la lutte armée dont nous parlions plus haut et qui s’impose dès lors qu’il existe une agression. Cette lecture trouve des justifications dans le contexte de la révélation du verset, mais il serait réducteur de n’en tirer que ce seul enseignement. Dans un sens plus large, que confirme l’ensemble du message coranique et des traditions, « lutter dans le chemin de Dieu » veut dire mobiliser toutes les forces, diriger tous ses efforts, donner de ses biens et de sa personne pour venir à bout de toutes ces adversités que sont l’injustice, la pauvreté, l’analphabétisme, la délinquance et l’exclusion.
Le Coran offre cette latitude dans l’interprétation du mot jihâd et cela dès sa première révélation :
« Ne suis pas ceux qui ne croient pas et lutte contre eux, avec force, au moyen du Coran. » Coran 25/52

Il est fait mention ici d’une lutte (jâhid et jihâdan) qui serait de nature savante, scientifique, et qui s’appuierait sur le dialogue, la discussion, le débat. Le Coran, en son contenu et en sa forme, apparaissant comme une arme entre les mains des musulmans. Sur un autre plan, c’est le Prophète (PBSL) qui présente une interprétation extensive du terme quand il affirme, par exemple, que « le pèlerinage est un jihâd » . On comprend que les peines, les efforts, les souffrances endurés par les fidèles durant quelques jours à la Mecque pour donner force à leur foi et répondre à l’appel du Créateur sont un jihâd dans la voie de Dieu.

Dans notre vie quotidienne, dans nos sociétés, vivre avec la foi, c’est admettre le sens de l’effort. La foi est une mise à l’épreuve, la foi est une épreuve. Dans notre représentation d’un idéal de vie, de respect et de coexistence, les fractures sociales actuelles, la misère, l’analphabétisme, le chômage sont autant d’éléments de la nouvelle adversité qu’a enfantée, à une si grande ampleur, l’époque moderne. La mobilisation s’impose, avons-nous dit, quand la dignité de l’homme est en péril ; mais il ne s’agit pas toujours d’une levée d’armes. Aujourd’hui, trop de femmes et d’hommes voient leur dignité bafouée, leur existence niée, leurs droits violés et cette situation nécessite de répondre de façon urgente à un appel général au jihâd : il s’agit de donner de sa personne et de ses biens, de convoquer toutes les forces vives des diverses sociétés et de s’engager dans le travail de réforme dont nous parlions plus haut.

Nous ne nions pas qu’il y ait des luttes que les circonstances nous mèneront à devoir affronter armes ou pierres à la main pour faire opposition à l’épuration ethnique ici, à l’occupation militaire là, ou à un autre type d’agression comme celle à laquelle nous assistons (dans tous les sens du mot) aujourd’hui en Bosnie ou en Tchétchénie. Mais il ne peut s’agir de focaliser notre attention sur ces événements et d’oublier un type de combat plus large, plus quotidien, et tellement urgent. Nos ennemis aujourd’hui, dans la voie de Dieu, ont pour nom la faim, le chômage, l’exploitation, la délinquance et la toxicomanie et ils exigent un effort intense, une lutte continue, un jihâd total qui a besoin de chacun et de tous. Combien sont-ils de musulmans à vouloir aller combattre là-bas, à vouloir offrir de la façon la plus sincère leur personne à la cause de l’islam et qui, emplis de cette intention, oublieront et resteront aveugles au combat qu’il faut mener ici, à la cause qu’il faut défendre dans son quartier, dans sa ville, dans chaque pays. À ceux qui désiraient se rendre en Palestine pour lutter contre la colonisation sioniste dans les années quarante, et qui percevaient cette expédition comme étant la réalisation de leur idéal, Hassan al Banna disait : « La mort dans la voie de Dieu est difficile, mais la vie dans la voie de Dieu est plus difficile encore. » Ce jihâd est un jihâd pour la vie afin que soient donnés à chaque être les droits qui sont les siens : l’ensemble du message de l’islam porte cette exigence en même temps que sa nécessaire réalisation.

Penser la modernité, c’est réfléchir à toutes les stratégies et à toutes les modalités qui sont à même de changer l’ordre des choses. À l’exemple de ce qu’a présenté le penseur Yûsuf al-Qardhâoui dans son ouvrage sur le problème de la pauvreté , il convient de mener une double réflexion qui consiste tout à la fois à s’appuyer sur les sources et à considérer la réalité de nos sociétés aujourd’hui. Nous en avons dit quelques mots dans le présent chapitre mais il faut aller plus loin encore et penser, de façon très pragmatique, les stratégies qui doivent permettre de trouver des solutions locales aux problèmes que nous mentionnons ici. L’action sociale est prioritaire et elle doit mobiliser la majorité de nos énergies.
Car il s’agit d’une guerre. Nous sommes en guerre. C’est bien le sens de la formulation de l’abbé Pierre quand il affirme avec force « Je suis en guerre contre la misère » ou encore du professeur Albert Jacquard et de Monseigneur Jacques Gaillot quand ils « partent en guerre » pour loger les sans-abri. Le pape, dans son Encyclique sociale Centesimus Annus , appelle à une mobilisation générale contre la pauvreté et les déséquilibres dans la répartition des richesses et affirme qu’il est du devoir du chrétien d’agir en ce sens. Le jihâd des musulmans participe de cet engagement en Occident bien sûr, mais également dans tous les pays du Sud. Pleinement, dans le sens des communautés de base sud-américaines, avec l’expression de la théologie de la libération, avec les forces populaires ou syndicales au Proche-Orient ou en Asie. L’avenir du dialogue inter-religieux trouvera sans doute sa pleine réalisation dans ce type de stratégies et d’actions concertées et concrètes. Mais on ne peut penser l’avenir en terme de réforme politique et économique, sans travailler à reconstituer un tissu social aujourd’hui déchiré à l’échelle de la planète.

2 commentaires - “L’appel au Jihâd 3/3”

  1. je vous suit depuis des années monsieur ramadan et je n ai qu’ un mot à vous dire merci

  2. Salam aleykoum,

    Vous citez la Bosnie et la Tetchenie comme exemples concrets où le djihâd armé est nécessaire. Pourquoi ne citez vous pas aussi ouvertement et sans embages la Palestine colonisée, martyrisée, humiliée pour justifier la résistance armée à cette oppression (comprenez bien: je parle uniquement de résistance face aux forces militaires israéliennes) ?
    De plus, que diriez vous à nos jeunes français de confession musulmane qui, par ignorance et/ou par désespérance, ont été faire le jihad en Syrie, avec le dramatique résultat que l’on sait : un pays aujourd’hui détruit et profondément meurtri, une population massacrée de toute part et déplacée, des musulmans qui s’entretuent : diriez vous qu’ils ont eu raison de le faire ? Condamneriez-vous les responsables théologiques qui ont appelé au Djihâd en Syrie comme Qardawi ?

    Salam

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