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Le cloisonnement des compétences

Nous avons tenté de mettre en évidence les principes fondamentaux de l’orientation politique en abordant le plan théorique, certes, mais sans occulter, ça et là, les difficultés sur le plan pratique. Pour compléter l’analyse en ce sens, il est important de faire le compte des problèmes concrets qui minent le monde islamique dans le domaine spécifiquement politique qui nous intéresse dans ce chapitre. Ceux-ci sont nombreux et complexes ; aussi, nous nous bornerons à en relever quatre qui nous apparaissent déterminants :

a) Le cloisonnement des compétences
Se référer aux sources exige une connaissance approfondie des sciences islamiques relatives au domaine en question. Le monde musulman regorge de personnalités formées qui font autorité. Trop souvent, malheureusement, ces ulémas (savants), ces fuqahas (juristes) ayant les capacités de pratiquer l’ijtihâd et de donner des avis de droit sur les affaires sociales, sont enfermés dans la théorie ou, au mieux, traitent d’une question donnée, précise, dans un contexte spécifique. Loin des réalités et des dynamiques sociales, il leur est presque impossible d’appréhender de l’intérieur les problèmes qui, pour être solutionnés, exigent un autre type de spécialisation permettant une compréhension différente et approfondie, basée sur d’autres paramètres, tenant compte d’autres critères. Or cette approche est déterminante et impérative pour ne pas dénaturer le principe de l’ijtihâd qui n’est pas un exercice d’application des fatâwi (pluriel de fatwa) au coup par coup, mais bien l’élaboration d’un raisonnement inscrit dans une stratégie de réforme et d’évolution planifiée. Peu de « théologiens » de l’islam participent à la formulation d’un projet dans le long terme en pensant une à une les étapes à franchir. Comment le pourraient-ils ? Rien dans leur formation ne le leur permet et leur rôle se cantonne souvent à formuler des avis, dans l’absolu ou dans l’espace d’une pratique circonscrite, sur le caractère licite ou non de telle action ou démarche.

Cela ne saurait suffire aujourd’hui. Vouloir une réforme de fond exige que nous développions nos compétences et réunissions nos spécialisations. Il est urgent de multiplier les contacts entre les intellectuels versés dans la recherche en science politique contemporaine, en sociologie, en droit et en économie, les spécialistes du terrain (urbanistes, architectes, membres des ONG) et les théologiens dont nous avons parlé. C’est la réflexion commune, associée, qui permettra de penser une vraie stratégie qui, en tenant compte de la complexité des situations, permettra de mettre en mouvement une réforme en profondeur. Impossible de se contenter d’un bricolage politique en faisant confiance à la seule valeur salvatrice de l’islam puisque nous nous en remettons à Dieu. Nous avons déjà cité le verset :
« …Certes, Dieu ne change pas ce qui est en un peuple avant que ceux-ci ne changent ce qui est en eux-mêmes… » Coran 13/11

Changer ce qui est en nous-mêmes n’est pas une mince affaire : vouloir donner aux populations musulmanes le sens des responsabilités et le désir de participation est un travail titanesque si l’on considère la situation actuelle. C’est dire qu’il est impossible que les ulémas réfléchissent en cercle fermé, que les intellectuels s’isolent et que les spécialistes de terrain parent au plus pressé, jour après jour. Partout où cela est possible, à l’échelle des quartiers, des régions, des pays et sur le plan international, il faut multiplier les occasions de synergie et inscrire l’action locale dans la pensée globale. Si, a fortiori, l’on veut donner le jour à un projet islamique original et éviter d’imiter les modèles occidentaux pour ne pas reproduire tant leurs erreurs que ce qui ne correspond pas aux valeurs musulmanes, alors la pensée théologique seule, portée par le rituel « yajuz, la yajuz » (permis, interdit), ne peut suffire et doit être orientée par des analyses conséquentes et approfondies. À tous les niveaux, dans tous les domaines, la pratique contemporaine de l’ijtihâd exige ce type de collaboration. Certes, elle existe aujourd’hui ici et là mais de façon bien insuffisante.

2 commentaires - “Le cloisonnement des compétences”

  1. Votre voix est importante et en même temps nous avons besoin d’autres voix aussi importantes pour que ce message aille jusqu’aux dirigeants et chez la plupart des musulmans tout en garantissant que ce chemin sera aussi bien un bienfait pour eux que pour leur peuple, inchAllah. Je crois.
    Pourquoi ? Si le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui comment peut il revendiquer ce qui est bon pour lui ?

    Wa salam

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