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Respectmag.com – Tariq Ramadan: “Pourquoi je ne suis pas Charlie, ni Paris” [13/12/2015]

Cette semaine, Respect Mag donne la parole à Tariq Ramadan, à l’occasion d’un rapide passage à Paris. Peu apprécié des «hautes instances françaises», il décortique, depuis maintenant 25 ans, l’Islam et le monde arabe aux quatre coins du globe. L’occasion d’aborder divers sujets avec lui, notamment les attentats à Paris ou encore l’islamophobie en France.

Ce regain d’islamophobie en France n’est-il qu’une réponse aux « événements » depuis janvier ?

C’est continu et malheureusement en augmentation. Il y a une différence entre Charlie et le 13 novembre. Le 13 novembre a touché toute la population française. Tous ont été victimes donc il ne faut surtout pas tomber dans le piège d’en faire quelque chose qui viserait uniquement les musulmans. Mais il faut aussi dire «attention, ça n’est pas le vecteur essentiel de l’islamophobie».

Le fait de cibler des mosquées (même si seules trois ont été fermées), de faire des perquisitions, il y a quand même toute une atmosphère qui a lié les derniers événements à une nouvelle politique sécuritaire extrêmement dangereuse. J’étais très impliqué en 2001 aux Etats-Unis, ça me fait penser à un certain nombre de mesures sécuritaires qui étaient normalisées sous le gouvernement Bush avec le «Patriot Act» et les questions de surveillance, des lois et de l’état d’urgence…

C’est un formidable moment où justement les citoyens français de confession musulmane ne doivent pas tomber dans le piège de ne parler que d’islamophobie et de leur stigmatisation. Ils doivent venir au centre et poser, avec tout le monde, les vraies questions concernant la France: «aujourd’hui comment fait-on face à la violence? » et en même temps «comment fait-on face ensemble à la dangerosité de la politique sécuritaire, à la dangerosité de décisions liberticides qui vont tous nous atteindre? »

Les termes du débat doivent changer. Autant, il y a un déplacement entre Charlie et le 13 novembre, autant la population française entière doit faire le même déplacement. Tout ce qui se passe en France aurait tendance à isoler et tout ce qu’il faut aujourd’hui, c’est l’exigence de l’ouverture.

Comprenez-vous que certains souhaitent qu’une personne comme l’imam de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, soit punie par la loi suite à ses prises de positions ?

Non je pense que là, on est en train de confondre les ordres. Il y a aujourd’hui un discours religieux littéraliste, traditionnaliste en France et on le sait depuis longtemps. Il n’est pas immédiatement responsable de la violence, même s’il produit une pensée binaire «eux contre nous». Tous ceux qui ont été impliqués dans ces actes aujourd’hui n’ont été ni formés dans les mosquées, ni ont été touchés par ce discours-là. On ne peut pas aujourd’hui trouver un individu qui aurait été formé par l’imam de Brest et qui serait tombé là-dedans ! Donc ça ne correspond pas.

Ajoutez à cela que la France ferait bien de regarder sa propre politique de relations internationales avec les états du Golfe, dont l’Arabie Saoudite qui développe l’idéologie de cet imam dont elle veut aujourd’hui fermer la mosquée. On est dans une sorte de quadrature du cercle politique incohérent. Je ne suis pas en accord avec l’imam de Brest mais à un moment donné, les gens évoluent. Il faut accompagner ce processus-là. Celui qu’on présente aujourd’hui comme l’imam libéral à Bordeaux [Tareq Oubrou] avait les mêmes propos il y a 20 ans. Il a évolué, et maintenant il estime que Rachid Abou Houdeyfa est une personne à enfermer dans un hôpital psychiatrique. Non, on ne ferme pas les mosquées de cette façon-là, on n’envoie pas les gens dans des hôpitaux psychiatriques de cette façon-là. On fait un travail d’accompagnement, en aillant un discours beaucoup plus clair et plus cohérent au sommet de l’Etat sur l’idéologie salafi que l’on tait et avec laquelle on compose pour des raisons économiques.

Depuis le 13 novembre, beaucoup se sont exprimés dans les médias, disant que Daech n’a rien à voir avec l’Islam. N’est-ce pas un peu tard ?

On ne peut pas dire ça. Quand Georges W. Bush, en 2001, dit «l’Islam est une religion de paix», je dis mais non! L’Islam est une religion qui appelle à la paix mais qui doit gérer la violence. Dire que l’Islam est une religion de paix, ça veut dire quoi, qu’on est tous des pacifistes? Non! Il y a des versets dans le Coran qui, sortis de leur contexte, peuvent être des versets instrumentalisés par la violence.
En tant que savant musulman, je me dois d’avoir une position claire. Oui, il y a des gens qui utilisent des versets pour tuer des innocents, pour violer et soumettre à l’esclavage. C’est arrivé dans l’histoire et ça arrive encore. Donc dire ceci n’est pas l’Islam ne veut rien dire, mais dire ceci est l’Islam ne veut rien dire non plus. Ce sont des interprétations rejetées par le consensus des musulmans sur une mauvaise utilisation des versets, une distorsion de la tradition et qu’il faut confronter, rejeter, condamner mais à partir d’un point de vue musulman.

La réponse à Daesh, c’est deux choses: religieuse et politique. C’est une réponse religieuse, théologique et juridique en disant où l’on s’oppose, ce qui a été fait mais malheureusement on ne nous entend pas assez. Ça fait quand même 25 ans que je dis la même chose sur ces questions-là. Il faut aussi avoir un débat politique. Si on ne répond que religieusement, on se trompe et si on ne répond que politiquement, on se trompe également. Ceux qui nous disent que c’est un produit des banlieues, qu’il y a la question de la justice sociale… ce n’est pas vrai! En Angleterre, on a eu des jeunes qui étaient des doctorants et qui sont impliqués là-dedans. On a des gens qui sont très éduqués, donc ce ne sont pas que des problèmes sociaux. Il y a beaucoup de frustrations, mais il faut aussi, de ce point de vue-là, avoir une réponse politique. Que fait-on par rapport à l’égalité des chances? Que fait-on en matière de politique étrangère?

Je pense qu’il faut un discours religieux très clair et une considération politique mais il ne faut jamais utiliser l’un pour couvrir l’autre. Ne pas dire qu’il s’agit d’un problème religieux et ne pas parler de politique, ni ne parler que de politique, en estimant qu’il n’y a rien de religieux. C’est très très malsain et contre-productif.

Sur les réseaux sociaux, vous avez posté une image où l’on pouvait lire «Je ne suis pas Charlie ni Paris». Pourquoi?

Parce que justement «Je ne suis pas Charlie» et je l’ai expliqué. Si par Charlie, vous êtes en train de me dire que vous êtes contre le fait de tuer des innocents et des dessinateurs et que vous êtes contre le fait de s’en prendre à des innocents, alors là, je suis Charlie. Mais si ça veut soutenir l’humour de ce journal et bien non, je ne suis pas Charlie. D’ailleurs, même le président François Hollande n’est pas Charlie puisqu’il leur a dit que leur dernière couverture est indécente et leur a demandé de l’enlever.

Si maintenant être Paris, c’est à l’exclusif de tous les autres, c’est-à-dire je ne suis pas Beyrouth, je ne suis pas Damas, alors je ne suis pas Paris. Et en l’occurrence dire «Je suis Paris» et faire en sorte que certains soient beaucoup plus perquisitionnés que d’autres, non! Je ne suis pas Paris à l’exclusif des autres, mais si par Paris, vous voulez dire avec Paris, je suis Beyrouth, alors je suis tout ça ensemble.

Cette idée de sortir notre destin de toutes les autres victimes en disant que c’est quelque chose de singulier, je ne suis pas ça. Par contre, ce que je suis dans la singularité, c’est perquisitionnable! Vous voyez ce que je veux dire, c’est quelque chose d’un petit peu plus profond que de tomber dans l’émotionnel. Je suis pour l’empathie nationale mais pas celle qui sélectionne les empathies et les émotions. Je suis plus dans une empathie qui ensuite réfléchit et dit «oui, la veille, il y avait Beyrouth». Tous les jours, il y a jusqu’à 110 morts en Syrie, c’est-à-dire que le nombre de morts que l’on a eu une fois et qui a bousculé la France. Il est quotidien et normalisé en Syrie et en Irak! Ne faisons pas de sélection. Je voulais juste montrer où était la singularité mais dans le fond, je suis celui qui a envie d’être avec l’humanité des principes et avec les principes de l’humanité commune. Alors avec ça, je suis, oui. Je n’aime pas qu’on pleure nos morts et qu’on néglige la mort des autres. Je n’aime pas ce qui est en train de s’installer dans le monde aujourd’hui. La mort des Arabes, des Africains, des migrés et des réfugiés semblent être plus normale que la mort des Occidentaux. C’est inhumain et malsain.

Source

13 commentaires - “Respectmag.com – Tariq Ramadan: “Pourquoi je ne suis pas Charlie, ni Paris” [13/12/2015]”

  1. NOUS; les croyants, ON prefere , plaire a DIEU ,LE TOUT PUISSANT, qu’ a ces criminels, qui dirigent ce monde de misere, qui leur ressemble.

    1. bonjour monsieur Tariq Ramadan..
      .juste pour vous dire que vous etes une personne extraordinaire et que les humains du monde entier devraient prendre exemple sur vous.
      que dieu le tout puissant soit avec vous .
      halima

    2. Toi tu as pas vraiment compris apparemment. Il n’y a pas de NOUS contre EUX ou de NOUS et EUX !

  2. Je suis tout à fait d’accord. Je n’ai jamais été Charlie pour les mêmes raisons que vous. Aujourd’hui je prie pour la paix dans ce monde. Que dieu nous vienne en aide

  3. merci tarique ramadan;qu’Allah te protege et te donne le pouvoir de parler plus haut.il faut bien leur dire la verité.”ils pensent qu’ils peuvent eteindre de leur bouche la lumiere D’Allah”hor allah parachera sa religion sur toute la terre.les francais doivent plutot se demander pourquoi ils sont plus visé ses derniers temps.c’est surement a cause de leur mauvaise polique et leur injustice.ils croient que les morts francais sont superieurs aux miliers des morts africains ou arabes.tant que cette consideration continuera,je ne serais jamais charlie,ni paris.

  4. l’islamophobie de certain francais ne servira a rien.ils doivent voir la vitesse avec laquelle l’islam traverse la france pour comprendre que la parole D’allah et faire une projection dans 10ans.ils veuront que l’islam est la religion d’avenir pour l’europe.au lieu de rester dans cette ignorance qui anesthesie leur coeur,ils doivent apprendre l’islam loin des prejugés.

    1. Pourquoi dites vous ” la vitesse à laquelle l’Islam traverse la France” et ” l’Islam religion d’avenir pour l’Europe”, de tels propos font peur, il ne faut pas parler de l’Islam de façon ostentatoire, la religion doit être pratiquée en toute modestie et nous devons montrer que nous sommes tolérants et que le vivre ensemble est possible, toutes confessions confondues !

    2. C’est pas vraiment le problème. Tariq Ramadan se borne à lutter contre la stigmatisation de l’islam, mais il va très loin dans son propos. D’une certaine manière, pour lui, il n’y a pas de problème d’extrémisme dans l’islam mais seulement un problème d’islamophobie.

      Ca se retrouve surtout sur la fin de l’interview : Il n’est ni Paris, ni charlie, mais il est très solidaire des “victimes de perquisition”.

      Il serait bon pour quelqu’un d’aussi sage que M. Ramadan de distinguer ce qui relève de la défense légitime et ce qui relève de l’islamophobie.

      “Pas d’amalgame !”

  5. Malheureusement la plupart des médias télévisés diffusent une information sélective, et la majeure partie des gens fondent leur opinion passivement sur des infos diffusées en boucle. On a parlé à juste titre des personnes victimes des attentats du 13 novembre, victimes qui comptaient des personnes de toutes origines, de toutes confessions, mais malheureusement on oublie, on minimise “les attaques ciblées” la Guerre qui se déroule en Syrie et en Irak, on nous montre des réfugiés : les migrants comme s’ils étaient en train d’envahir l’Europe alors qu’ils essaient de sauver leur vie et celle de leurs enfants. On nous les présente comme des pestiférés et possible terroristes qui vont manger le pain des Européens. Alors qu’ils fuient la guerre, l’horreur, imaginez notre pays bombardé : je ferai comme ces pauvres gens, je fuirai avec ma famille. Les gens sont devenus inhumains et racistes, la xénophobie prédomine en Europe. Tout ceci me rappelle une période atroce qu’ont connu les anciens : celle ou régnaient la crise économique et la xénophobie : la 2nd Guerre mondiale avec HITLER comme dirigeant ! De nos jours, les boucs émissaires sont les musulmans, pas ou peu d’ empathie manifestée envers eux. L’ignorance, l’indifférence provoquent le rejet alors que la majorité des musulmans sont français bien “intégrés”, qui condamnent le terrorisme et qui aiment profondément la France mais ils ne sont pas acceptés à cause de leur faciès et de leur religion, ils ne sont pas considérés comme Français à part entière, ils sont réduits à leur religion. Incontestablement il est très difficile d’être musulman à notre époque.

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