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Naissance d’un féminisme musulman

Un chapitre sur la réforme de l’éducation islamique en Occident ne serait pas complet sans comprendre une réflexion sur le statut de la femme dans les communautés musulmanes et le rôle qu’il leur est dévolu. Nous avons relevé plus haut combien de nombreuses femmes de la deuxième génération et des suivantes (auxquelles s’ajoutent de nombreuses converties) se sont engagées dans les organisations musulmanes dans lesquelles elles ont un rôle de plus en plus important dans le leadership. Cela ne veut pas dire pour autant que les mentalités aient toujours évolué en conséquence… et beaucoup de musulmans, et d’ailleurs de musulmanes, subissent ces effets d’autant plus qu’ils ne les acceptent et, dans leur for intérieur, ne sont pas tout à fait convaincus que « tout cela » est réellement islamique. La question de la femme est sensible dans pratiquement toutes les communautés islamiques d’Occident, et il semble souvent que la question entière de la fidélité se joue sur ce chapitre. Par ailleurs, les allusions ou interpellations récurrentes des concitoyens, des intellectuels et des médias sur « les femmes en islam » exercent une sorte de pression psychologique, qui pousse les musulmans à adopter une posture défensive souvent apologétique, et pas toujours objective. Penser que rien dans le message de l’islam ne justifie la discrimination des femmes est une chose, affirmer que celles-ci ne subissent aucune discrimination en est une autre. Une observation un tant soit peu objective des communautés musulmanes d’Occident révèle que nous sommes loin de l’idéal de l’égalité devant Dieu, de la complémentarité familiale et sociale et de l’indépendance financière, derrière lequel de nombreux oulémas et intellectuels se cachent à coups de citations de versets coraniques et de traditions prophétiques. La réalité n’a rien à voir avec cela : ne pas le dire est mentir.


Nous avions vu dans notre première partie que le travail de catégorisation des méthodologies en matière de fondements du droit et de la jurisprudence (usûl al-fiqh) nous a appris à faire la différence entre les principes et prescriptions universels et les modalités de leur actualisation dans une culture donnée. Si, comme nous l’avons expliqué, le principe d’intégration permet de considérer comme islamique tout ce qui ne s’oppose pas à l’islam, il est néanmoins erroné et méthodologiquement incorrect de confondre a posteriori le principe islamique avec la façon dont une culture donnée l’a habillé. En toutes circonstances, c’est le principe extrait et fondé sur les sources scripturaires qui est la référence ultime. Sans doute est-ce à propos des femmes et de leur statut qu’il faut le plus souvent rappeler ces principes de méthodologie tant la confusion est grande : dans l’esprit de beaucoup de musulmans encore, être fidèle aux enseignements islamiques en matière d’éducation des femmes, d’accès aux mosquées, de mariage et de divorce, d’indépendance sociale et financière, de participation politique, c’est faire comme on faisait dans le pays d’origine ou comme disaient les oulémas de là-bas. Ainsi voit-on des parents justifier des traitements différenciés tout à fait inégalitaires entre leurs fils et leurs filles (et clairement discriminatoires pour ces dernières) en termes de permissions, de sorties ou autres. D’aucuns, en Europe et aux États-Unis, leur interdisent l’entrée dans les mosquées et si, par un bienheureux hasard, il existe une place pour elles, elle est le plus souvent délabrée, et souvent même sans une bonne sonorisation. Des imams légitiment « islamiquement » des mariages à la va-vite, sans aucune démarche administrative officielle préalable, qui laissent des femmes sans assurance et sans droits, abusées et trompées par des individus peu scrupuleux. L’accès au divorce est rendu des plus difficiles quand il paraît clair pourtant que la femme défend ses droits les plus élémentaires. Au su de tous, certaines femmes subissent des violences et des traitements avilissants, dans le silence et la complicité coupables d’une communauté musulmane qui justifie son inaction et sa lâcheté caractérisée par la recommandation islamique de « ne pas s’occuper de ce qui ne nous concerne pas ». Il y a loin pourtant entre exiger un traitement digne pour les femmes et la curiosité malsaine : la première est notre honneur, la seconde – dont parle la recommandation prophétique – notre indignité. On trouve encore toutes sortes de restrictions comme l’interdiction « islamique » de travailler, de s’engager socialement, de parler en public ou encore de faire de la politique. Et que n’a-t-on pas entendu sur l’« impossible mixité » ! Certes, on a parfois affirmé et cautionné ces pratiques dans les pays d’origine et on trouvera certainement des oulémas des courants traditionalistes ou littéralistes (que nous avons présentés plus haut) affirmant que tels sont les enseignements islamiques ; il demeure pourtant qu’un retour aux sources scripturaires, afin d’évaluer ces pratiques et d’opérer une nette différence entre des pratiques culturellement fondées et les principes islamiques, est impératif. On verra que la marge interprétative est grande et que certains en ont, sciemment ou non, réduit les limites.
Il faut même aller plus loin. L’influence culturelle ne se trouve pas seulement en aval de l’extraction des règles, à savoir dans leur seule mise en application. Une lecture attentive des travaux des spécialistes des fondements du droit et de la jurisprudence (usûl al-fiqh) et du fiqh lui-même montre que ces derniers sont eux-mêmes baignés dans un espace culturel et une société qui influencent leur propre démarche. Impossible, pour eux comme pour tout être humain, de s’abstraire totalement de son environnement social et humain : d’une façon ou d’une autre, ceux-là façonnent notre intelligence et notre regard sur le monde. Dire que seules les sources scripturaires sont la référence, cela veut dire qu’il faut se donner le droit d’étudier et de questionner les lectures produites par les savants classiques, afin de savoir si oui ou non il existe une marge d’interprétation que notre nouveau contexte nous aurait fait découvrir. Être en accord avec nos principes islamiques dans ces domaines, c’est accepter d’aller au bout de cette étude fondamentale. On ne peut pas faire dire aux textes n’importe quoi (et c’est en cela qu’il existe un cadre normatif de lecture) ; mais ce que le texte permet de dire, il faut pouvoir le dire même si cela bouscule nos vieilles habitudes culturelles.


C’est à cela qu’il faut s’engager en ce qui concerne la question de la femme musulmane. L’accès des femmes aux études et le renouveau de leur engagement sont en train de leur permettre d’étudier plus profondément les sources islamiques et d’entreprendre une réflexion qui questionne les vieilles évidences nées de pratiques culturelles ancestrales. Il ne s’agit néanmoins pas d’un processus qui mettrait en opposition les femmes contre l’oppression des hommes. Dans la réalité, c’est une autre dynamique que l’on observe : des savants, des intellectuels et des femmes, ensemble, sont en train de donner naissance à un mouvement de libération de la femme dans et par l’islam lui-même. S’éloignant des interprétations les plus restrictives, c’est au nom de l’islam lui-même qu’elles revendiquent, avec de nombreux hommes, leur opposition aux pratiques culturelles discriminatoires, au caractère faussement islamique de certaines pratiques, à la violence conjugale, au nom du respect du droit des femmes en matière de divorce, de biens, de parenté, etc. Lorsque nous avons pour la première fois nommé ce mouvement « féminisme islamique », beaucoup de musulmans nous l’ont reproché et certains de nos interlocuteurs non musulmans n’étaient pas convaincus [1] : l’observation du terrain, aux États-Unis comme en Europe, comme d’ailleurs dans le monde musulman, de l’Afrique à l’Asie, en passant par le Moyen-Orient et l’Iran, montre qu’un mouvement est en marche, lequel exprime clairement le renouveau de la place de la femme dans les sociétés islamiques et une libération qui revendique sa totale fidélité aux principes de l’islam.
Ce que nous observons concrètement en Occident en termes de réforme (et qui aura nécessairement des incidences sur le monde musulman) tourne autour de trois axes essentiels. Le premier tient à la conception de la femme elle-même : si jusqu’alors la majorité des travaux classiques se concentrait sur les fonctions de la femme en tant que « enfant », « épouse » ou « mère », il s’agit désormais de parler de la femme en tant que « femme ». Ce déplacement d’angle n’est pas un détail : c’est bien une transformation de la conception de la femme qui se joue dans la révision de notre façon d’en parler. Désormais, on s’intéresse à son être, à sa psychologie et à sa spiritualité ; et on lit le Coran avec ce nouveau regard. Nous sommes loin encore d’être allés au bout des travaux en ce sens ; mais nombreux sont les hommes et les femmes qui travaillent en ce sens, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Espagne, pour ne citer que quelques pays. Il faut noter également le rôle influent de nombreuses femmes converties qui, souvent rigoureuses dans leur maîtrise des instruments juridiques, questionnent judicieusement l’héritage légal musulman auquel se sont mêlés subrepticement de nombreux traits arabes ou asiatiques [2]. Dans le prolongement de ce travail, on en vient à discuter des droits de la femme, de la gestion du couple (autrement qu’en termes de confrontation sur la base des droits et des devoirs respectifs des époux), de son engagement social et de sa participation aux débats académiques comme politiques.
Le deuxième axe de la réforme en cours est la conséquence directe de ce que nous venons de présenter, puisqu’il s’agit de l’émergence d’un discours nouveau, fortement ancré dans les sources islamiques mais ouvrant des perspectives nouvelles pour les femmes. Ce qui est nouveau surtout, c’est que ce discours est de plus en plus porté par les femmes elles-mêmes qui étudient, s’expriment et de plus en plus enseignent. Elles s’affichent musulmanes, critiquent les interprétations erronées, utilisent les marges interprétatives offertes par les textes et par les avis des oulémas de la tradition réformiste, et elles construisent un discours sur la femme musulmane qui les invite à une fidélité active, intelligente et juste : une fidélité islamique qui libère devant Dieu et qui ne les soumet point aux imageries machistes ni de l’Orient ni de l’Occident.
Le dernier axe est, quant à lui, la conséquence des deux autres, puisqu’il s’agit d’une reconnaissance de la nécessaire visibilité des femmes. Leur présence dans les mosquées, aux conférences ou aux séminaires, dans les organisations islamiques, dans l’espace public, à l’université, sur les lieux de travail, est devenue de plus en plus massive ; et cette visibilité est une revendication claire de leurs droits autant à être, à être là et à s’exprimer. Beaucoup de femmes affichent en Occident leur droit à être respectées dans leur pratique, en portant le foulard ou en exprimant les marques visibles de la pudeur par laquelle elles désirent être approchées : leur fidélité aux prescriptions islamiques ne les empêche d’ailleurs pas d’adopter un goût tout à fait occidental quant à leur tenue vestimentaire, son style ou ses couleurs. Engagées dans un mouvement dans et par l’islam, elles promeuvent un « féminisme islamique » qui ne signifie pas l’acceptation sans regard critique de toutes les modes et de toutes les façons d’être des autres femmes d’Occident. Si elles se battent pour la reconnaissance de leur statut, pour l’égalité, le droit au travail, à l’égalité des salaires, etc., cela ne veut pas dire qu’elles désirent s’éloigner des exigences de leur foi ou les oublier. Elles sont musulmanes occidentales, elles respectent les principes de leur religion et les habillent selon le style et le goût de leur culture. Il est intéressant de noter, en outre, que de nombreuses femmes musulmanes, voilées et non voilées, travaillent ensemble dans de nombreuses organisations, et ce dans le respect du choix de chacune : cette évolution est importante parce qu’elle est un pas décisif vers l’acceptation des opinions et la promotion d’un dialogue interne grandement nécessaire.


Ce féminisme est en route, même si l’on peine, en Occident, à accepter l’idée qu’une femme musulmane puisse se libérer de l’intérieur du champ de référence islamique ou encore qu’une femme portant le foulard en une quelconque façon puisse être effectivement libre et libérée. La voix des femmes de plus en plus audible et leur visibilité grandissante devraient à terme changer ces représentations et, espérons-le, proposer un autre modèle de femme occidentale, moderne, libre et toujours profondément musulmane. Ce ne sera pas le modèle classique de la « femme occidentale libre » ; mais nous avions dit plus haut que ce qui établit la liberté est non pas la forme particulière que celle-ci peut avoir dans une ère civilisationnelle donnée ou pour une population donnée, mais l’existence réelle des principes qui la fonde : une conscience autonome qui fait ses choix au nom de ses convictions. Il faudra bien, en Occident, respecter cette autre façon d’être libre.
Pour les femmes et les hommes musulmans, il restera à gérer des défis communs de première importance dans les sociétés occidentales et qu’il ne faudra pas, au nom de la seule promotion du féminisme, relativiser ou minimiser. Les hommes comme les femmes doivent se souvenir que les prescriptions islamiques insistent fortement sur la centralité de la famille, sur le rôle des mères comme des pères, sur l’éducation et l’accompagnement des enfants, sur la transmission du savoir et de tout ce dont il a été question dans les sections précédentes. Vouloir la liberté et les droits, pour les hommes comme pour les femmes, ne peut signifier pour autant oublier ses responsabilités individuelles, familiales et sociales. Tout porte à croire que sans une vigilance accrue les citoyens occidentaux de confession musulmane vont, de plus en plus, vivre les mêmes déroutes que certaines des familles de leurs concitoyens : divorces, violences, abandons d’enfants, fractures entre les générations, délaissement des parents âgés, et tout à l’avenant. Nous n’en sommes pas là, mais tous les indices statistiques montrent que les familles musulmanes tentent à se normaliser vers le pire. Cet état de fait devrait éveiller leur conscience à la nécessité d’un engagement social réfléchi et conséquent.
Disons encore, en terminant cette section, que l’on doit entendre et comprendre les réticences affichées par certaines musulmanes et certains musulmans quant à l’appellation « féminisme islamique » pour des raisons historiques (mémoire de la colonisation) ou idéologiques (crainte d’une occidentalisation de la terminologie). Dans les faits, la mobilisation intellectuelle et sociale destinée à promouvoir une nouvelle lecture des sources scripturaires et à déterminer un statut d’autonomie pour la femme est bien de nature « féministe » (en termes de revendication de droits) dans et par l’islam. Ce ne sera d’ailleurs qu’un moment de l’affirmation des femmes et de l’expression du refus des discriminations dans les communautés musulmanes en Orient ou en Occident. Au-delà de ce combat, il faudra promouvoir la « féminité islamique », en englobant tous les aspects de la question : la dignité et l’autonomie de l’être féminin, l’égalité en droit, la complémentarité par nature. Cette féminité islamique devra déterminer une certaine façon d’être, de se sentir femme devant Dieu et parmi les êtres humains : spirituellement, socialement, politiquement, et culturellement. Libres, autonomes et engagées comme l’exigent les Textes et doivent le garantir les sociétés.



 
[1] Voir la préface de Françoise Germain Robin, dans L’islam en questions, Actes Sud, 2000, Paris.
[2] Le fait qu’elles soient converties ne leur donne pas toujours une crédibilité auprès des musulmans qui y voient une influence de l’Occident. C’est d’ailleurs pourquoi elles se forment souvent d’autant plus sérieusement et avec rigueur, pour établir leur position sur une base juridique solide. À moyen ou à long terme, la légitimité du propos (si effectivement il est fondé sur une étude sérieuse et rigoureuse)sera naturellement reconnue.

31 commentaires - “Naissance d’un féminisme musulman”

  1. Excellent article Tarik. Nous t’aimons pour ce que tu es: un homme courageux.
    Je n’oublierai jamais ton meeting à Béthoncourt: surtout cette longue prosternation. Je continue de te défendre de toutes mes forces.
    J’ai publié cette article sur un site berbère: http://www.souss.com
    Il a été censuré, ça m’a fait mal, je l’ai donc envoyé par MP à tous ceux que ça intersse.
    Merci Tarik pour ton courage, Allah t”aidera.

    1. Bonsoir,
      Trois choses: -le mot berbere est une dénomination coloniale, le mot qui serai correcte serai amazigh.
      – la censure a du sens que l’orsqu’elle est pratiquée par celui qui détient le pouvoir ( alors que le site où tu as publié l’article est un site d’un courrant politique avec ses propres convictions.
      – l’article de tarik ramadan est bien jolie et il a raison sur beacoup de points, mais il faut le mettre dans le contexte occidentale, en algerie comme en tunisie comme au maroc le combat des femmes est autre. Bon courage pour ton combat..

  2. salam aleikoum. Convertie à l’islam et active dans le champ social je me reconnais tout à fait dans ce “féminisme islamique”.Il me semble indispensable aujourd’hui de montrer que la femme musulmane est un être capable de faire ses propres choix et de les affirmer.Qu’on arrête de nous infantiliser! nous sommes aussi doter d’une intelligence et d’une liberté de conscience.Le foulard ne nous empêche pas de réfléchir!
    merci pour votre travail
    que Dieu vous agréer ainsi que toute votre famille.

    1. salam alaykom ma soeur,

      Ayant vu votre message sur le site de Tariq Ramadan, je me permets de vous ecrire afin de vous demander quelques conseils. Comment vous “manifestez”-vous aujourd’hui en tant que musulmane dans note societe? Faites-vous partie d’une association? Je suis actuellement en Angleterre et je prepare le CAPES anglais afin de devenir professeur d’anglais en France inchallah.
      Je m’interroge beaucoup sur la facon dont je pourrais me rendre plus active socialement pour Allah et grace a Allah.
      Je vous remercie d’avance pour vos conseils.
      Que Dieu soit avec vous,
      Salam alaykom

  3. Brillante réflexion sur la condition des femmes musulmanes en Occident.Elles sont effectivement en manque de repères et c’est bien dommage.De manière à s’affranchir de l’influence de la culture occidentale,elles sont en quete d’une pratique qui s’appuie rigoureusement sur les textes.Comment cela pourrait-il etre possible?Les interprétations des textes peuvent s’averer trop personnelles , manque d’objectivité, comme vous l’avez souligné.En effet, une mobilisation des femmes est necéssaire .Merci à toi Tariq pour ces remarquables idées .W

  4. Assalam aléikoum !
    Merci pour votre brillante communication au sujet des femmmes musulmanes. Il est vraiment temps pour les musulmanes que nous sommes d’être présentes partout dans la vie active tout en restant fidèles aux principes islamiques.Car, aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de montrer que la femme musulmane n’est pas seulement celle qui prie, qui jeûne ou qui porte le voile. Mais c’est aussi celle qui participe à la vie sociale,économique,politique…de son pays.La femme musulmane c’est également celle- là qui contribue à l’éveil des consciences et à l’éducation citoyenne pour une société plus saine et plus digne.

  5. Cher frère Tariq,

    Du plus profond de mon cœur je demande à Dieu qu’il vous aime et vous protège.

    Dieu est avec vous et vous guidera.

    Votre approche des vraies questions qui se posent aux musulmans est percutante et merveilleusement ciblée.

    (N’en déplaise à « ceux-qui-interdisent-de-couper-la-barbe-pensant-que –sa-longueur-est-proportionnelle-au-degré-de-piété » qui croient que Notre Seigneur leur a créé une compagne pour assouvir les besoins de leurs ventres et bas-…)
    Dr. KB

    1. Vous seriez très aimables de remplacer le mot “besoin” par ” grands appétits”
      Amicalement
      Dr. KB

  6. Le féminisme musulman, un sujet qui ne peut qu’interpeller toute femme musulmane ou de culture musulmane quel que soit son domaine d’activité. Le frère Tariq, fidèle à ses engagements nous livre de manière aussi généreuse qu’objective et documentée un fond de réflexion pour forger le débat sur cette question centrale et primordiale pour la société musulmane d’aujourd’hui qu’elle soit en Orient ou en Occident.

    En effet, la pire chose que nos sociétés islamiques ont faites contre l’Islam et ses principes, de manière préméditée ou par pure ignorance, c’est bien la condition dans laquelle elles ont confiné la femme. Dieu, le Coran et l’Islam l’affirment : elle doit être aussi libre que l’homme car il n’est pas concevable de la rendre responsable de ses actes sinon, et de la punir ou la rétribuer en conséquence !

    Ce que j’ai nommé la «traditionnalisation» de l’Islam a été la plus ravageuse contre la femme, alors que l’Islam est aux antipodes de ces positions arriérées. Mais je pense que de nos jours, plus que par le passé, c’est aux femmes de prendre leur destin en main au sein de leur famille, de leur groupe et de leur société. Je dois à de grands savants musulmans « que Dieu leur accorde la longue vie et Sa bénédiction » ma réconciliation avec mon véritable statut de femme Musulmane pratiquante, libre et réellement émancipée.

    Mr. Ramadan fait partie de cette catégorie de penseurs qui, sincères et fidèles à leur intelligence d’abord et à leurs engagement sur la voie de rectitude, participe largement à la prise de conscience des musulmans (hommes et femmes) de leur responsabilités et de leur rôle véritable dans ce monde et par ces temps.
    Je l’atteste devant Dieu.

    Que Dieu vous garde Monsieur Ramadan, qu’Il vous offre le courage et la persévérance, et qu’Il enveloppe vos parents de sa miséricorde et de Sa bénédiction,

    Amine.

    Dr. B-B.N.

  7. Frère Tariq,

    Merci d’être le porte-parole de plus de la moitié du monde musulman maintenue depuis des siècles par l’analphabétisme dans les marchés « boursiers » masculins (pléonasme).

  8. Pour ceux qui veulent maintenir « au nom de l’Islam » les femmes hors de la vie active toute excuse sera vaine le Jour du Jugement dernier:

    « lorsqu’on demandera à la fille enterrée vivante § pour quel crime elle a été tuée ; § lorsque les bilans seront publiés, § que le ciel sera plié, § que la Fournaise sera attisée, § et que le Paradis sera rapproché, § toute âme connaîtra alors l’œuvre qu’elle aura accomplie. » Ste 81 v ; 8->14.

  9. En parlant du féminisme musulman vous dites à Mr. Aziz Zemouri : « L’expérience de la restriction ou de la privation, pour les hommes, est un outil ô combien performant d’acquisition de libertés pour les femmes ». Je suis d’accord avec vous mais me demande à quelles sauces (privations et restrictions) nous serons « mangés » aux fins de promouvoir ce féminisme ?

  10. cher frere
    merci por etre le porte parole de l’Islam dans nous nos reconaissons.
    L’Islam de toutes les epoques et de toute les civilizationes.Notre din respecte la femme et s’oppose a la violence et au terrorisme.Notre din est la religion de la paix e de la rahma envers toutes les creatures d’Allah.
    merci Tareq
    salam amina

  11. Bonjour Monsieur Ramadan.

    Tout d’abord je tiens à vous témoigner toute ma gratitude pour tous les travaux que vous effectuez et à l’appui desquels je me forme et j’essaie de comprendre l’Islam aussi profondément que possible.

    Cela étant dit, j’aimerais vous dire tout mon pessimisme quant à l’émergence à moyenne échéance d’un féminisme musulman. Car ,enfin, tout comme votre appel international à un moratoire sur les châtiments corporels est dénigré ou incompris par trop de savants musulmans qui voient là la compromission de certains musulmans vis à vis de l’Occident, ceux-là mêmes qui sont incapables de lire le contenu et la substance de votre appel légitime verront d’un mauvais oeil la possibilité pour les femmes de travailler, de lire ou de s’exprimer au delà de ce que les cultures machistes permettent. En sus de cela, nos concitotens européens ne comprennent pas que l’expression d’un féminisme musulman est possible à partir de l’Islam. Pour ces derniers, c’est un paradoxe insurmontable. En d’autres termes, les obstacles sont importants et très difficiles à surmonter de part et d’autres de votre et de notre auditoire. Beaucoup (trop) de sceptissisme qu’un travail long et difficile pourra peut-être dépasser.

  12. Hé bien moi je suis une femme, mais culturellement politiquement et compagnie je me sens un être humain tout simplement. Je ne crois pas en une “sensibilité” féminine, je peux me sentir plus proche intellectuellement de tel homme que de telle femme.
    pour ce qui est du “modèle classique de le femme occidentale”, existe-t-il vraiment? il n’y a pas UN modèle mais des personnes toutes différentes, même si certaines ont des points communs….attention aux généralités!
    En tout cas les hommes et les femmes sur un pied d’égalité doit être un soulagement et un épanouissement pour l’homme, comme pour la femme, et non vécu comme une contrainte ou une faiblesse!
    l’essayer c’est l’adopter!

    1. Tout à fait en accord avec vous, comme me gêne la notion de “complémentarité naturelle”!

  13. BISMIALLAH RAHMANE RAHIME SALAME ALIKOUME Cher frère Tariq. Je me suis permise une petite pause pour retourner aux Sources. je veux dire par là retour aux racines dans le fin fond de L’ATLAS MAROCAIN. Là où je puise ma force et où lorsque je suis pieds nus, je sens la Terre de mes Aieux “les Berbères”. C’est Berbères “PUR SANG ARABES” où Nos Hommes sont pleins de Noblesses et de dignités. Et où les Femmes sont fortes et sont le soutients moral de leur époux. Si ma mémoire est bonne Jean-jacques ROUSSEAU disait “LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME” la race BERBERE dont je suis si fière et qui m’ont tants appris LA PATIENCE LA PERSEVERENCE LE COURAGE LE RESPECT LA DIGNITE L’AMOUR DE DIEU ET L’AMOUR ; TOUTS CES INGREDIENTS QUI ONT FAIT DE MOI UNE FEMME MUSLMANNE FORTE ET EQUILIBREE QUI CONTRE VENTS ET MAREES AFFRONTERA LE MONDE ENTIER. CETTE NUIT J’AI ASSISTER A UN MAGNIFIQUE MARIAGE MUSULMAN DIGNE “DES MILLES ET UNE NUITS” SOUS UNE TENTE LA NUIT SOUS UN CIEL ETOILE ILLUMINE PAR LE SIMPLE RAYON LUNNAIRE ; JE PEUX VOUS DIRE QUE C’EST UN SPECTACLE INOUBLIABLE ET QUI VU LES RESULTATS VAUX TOUT L’OR DU MONDE. CHER FRERE TARIQ A SALAME ALIKOUE OI RAHMATOUE ALLAH OI BARAKATOU A VOTRE SERVICE ET AU SERVICE DE ALLAH SOUBHANALLAH OI TAALA. FI SABILIALLAH.

  14. Salam Mr Ramadan ! L’humanité est une et chaque intellectuel(le) illumine la raison de tous pour avancer sur ce long chemin qu’est la création d’un espace de droits juste. En celà, vous assumez votre part. Sourire
    Le Coran nous a été offert à une période où la fille pouvait etre enterrée vivante parce que née femme. Dans un tel contexte, comment aurions nous pu recevoir un Texte qui viendrait nous accabler par l’énumération de tous nos egarements ? Pleins de culpabilité, nous n’aurions pas pu le toucher sans qu’Il nous brule Sourire
    L’histoire de l’Humanité n’est constituée que de celà. Son fil d’Ariane se découvre par des intellectuels dont le travail n’est que de mettre en mots les intuitions et progrès intérieurs contemporains pour ainsi marquer chaque étape d’une validation par l’écrit. C’est écrit. Avançons.
    Le problème des littéralistes serait-il qu’ils transposent , a contrario d’un environnement technologique qui dément la pertinence inconditionnelle de ce repère, cultures traditionnelles et méthodes d’apprentissages, autorité du patriarche et de Dieu ? En Occident, nous retrouvons ce problème dans la difficulté des jeunes à établir une relation équilibrée et respectueuse avec leurs aieux et leur culture (comportement tribal, “in-out”, addictions, drogues, …), confusion culture et high-tech, savoir-etre et savoir-faire.
    Notre défi de croyants n’est-il pas de libérer l’Humanité de ses impasses grace à une conscience (aigue car entretenue) sociale qui nous lie et nous relie ?
    Toute souffrance (exprimée ou refoulée) n’est elle pas pour nous l’indice d’un devoir de vigilence et de quete de résolution à venir ?
    Le terme féminisme semble porteur de bien des combats. Toutefois, sans une volonté commune des deux “partis”, nous échouerons autant que ces femmes qui, fatiguées, optent pour la mini jupe et le maquillage pour avoir l’illusion d’etre reconnues (vues), d’exister…
    Oui, le travail sera long et les pièges et démissions sont innombrables, ne nous le cachons pas

  15. L’habille ne fait pas le moine !

    Je suis parfois horrifié par le discours ou le comportement de certains musulmans à l’encontre de fille qui ne souhaite pas porter le voile ou tout simplement qui ne le porte pas, c‘est leur choix et peut être qu‘un jour elle changerons d‘avis comme peut être qu‘un jour les filles qui le porte changerons d‘avis…Mais le problème n’est pas là…ne pas porter le voile ne veut pas dire ne pas être musulmane…Comme nous le démontre Aicha (PSB) l’une des épouse du prophète (saws) qui disait de lui « son caractère était le Coran » autrement dit le comportement qu’il avait avec les autres…

    D’autant plus que le seul passage qui parle du voile se trouve dans le verset XXXIII « Les Ligues » 59 Le Coran « Prophète, dis à tes épouses , à tes filles, aux femmes des croyants de se couvrir de leur voile : c’est le meilleur moyen pour elle d’être reconnu et ne pas être offensé » En effet, Durant les quinze première année de la révélation les musulmanes ne portaient pas le voile, cette prescription va apparaître à Médine dans un contexte bien particulier. En effet, pour se venger d ‘avoir était dépossédaient de leur influence de leur villes, certains notable médinois que le Coran appelle les hypocrites ont l ‘idée de déshonorer les musulmans en prenant sexuellement les femmes du prophètes…Un second verset précise la zone on cerné « O Prophète ! Dis aux croyant de baisser les yeux, d’être chaste, de ne montrer que le dehors de leur parure, de rabattre leur voile sur leur gorge, de montrer leur parure qu’a leur mari, leur père, leur beau père, leurs frères, leurs neveux, leurs servante… » La Lumière XXIV

    Aujourd’hui, certains hommes plus ou moins jeunes abuse de certaines fille sexuellement, ils ont trouvé leur proie (désir de forniquer de commettre l’adultère) car ne pas porter le voile selon eux veut dire ne pas être musulmane, être un libertin et rejeter la foi ne pas se montrer chaste…Car pour eux une filles qui ne porte pas le voile ça veut dire ça…Or quand on est qqn de bien en parfaite âme et conscience, fille voilé ou pas on adopte le même comportement sans faire de différence entre les autres., on souhaite le bien autrui.

    Comme quoi être musulman ce n’est pas simplement dans la tenue vestimentaire mais aussi et surtout dans la distinction du comportement Et ça passe par un vrai changement de mentalité chez les hommes surtout au XXI siècle.

    En conclusion, l’islam c’est dans le comportement

    1. En effet l’islam accorde beaucoup d’importance au comportement, à la relation que l’on a avec autrui mais il ne faut pas oublier que le mot “islam” signifie “soumission” ie soumission à Allah, donc on se doit aussi d’obéir aux ordres d’Allah car porter le voile est un ordre de Dieu qui est indiscutable (après libre à chacun d’agir comme il le veut, et si l’on décide de le porter c’est seulement pour notre propre bien)
      personnellement je porte le voile depuis 2 ans et soubhanallah je remarque à quelle vitesse j’ai évolué intellectuellement au niveau de la compréhension et de la connaissance de l’islam. J’ai compris que puisque j’ai obéi à Dieu, il m’a répondu et m’a aidé et ma foi ne cesse d’augmenter elhamdoulillah. En temps que créature de Dieu, on ne peut pas comprendre ou connaitre tous les bienfaits que le voile peut avoir sur nous. Mais il est certain qu’il est une réelle protection. Allah veut seulement notre bien soubhanallah, alors écoutons Le. Que Dieu nous guide. amine.

    2. Je trouve quand même très bizarre que vous ayez attendu de porter le hijab pour comprendre l’islam?

    3. La raison étant un don de Dieu, nous pouvons constater au travers de votre témoignage, qu’une fois voilées, nous sortons plus aisément d’un jeu social qui nous dessert et pouvons faire valoir et réaffirmer ainsi (démontrer que l’on nous doit le respect exige beaucoup d’énergie, une vie Sourire) nos capacités intellectuelles, d’êtres sociaux à part entière, etc. (rappel : A contrario des idées reçues, nous vivons en occident dans des cultures où la femme note des salaires (-30%) différents à travail égal, des mi-temps imposés, …)
      Sourire
      L’évolution est globale 😉

  16. Salam M. Ramadan,
    S’il est juste que le programme (constitutionnel) des Frères Musulmans d’Egypte propose l’exclusion de connaitre un jour (sDV) une femme présidente alors prétendre à la souveraineté d’un peuple cultivé, formé n’est pas reconnue.
    Si le cas d’une telle candidature s’offrait, il ne fait pas de doute qu’une telle femme aurait fait ses preuves (Bien au-delà de ce que l’on exige d’un homme, soyez en assuré.) et démontré de ses compétences à offrir, au terriroire, des perspectives réelles à venir.
    Musulmane et femme

    1. De lecture, je n’ai pas souvenir que le Coran présente comme une abomination la charge qu’occupe la reine de Saba. Jamais, il n’est mentionné l’incompatibilité entre haute fonction et genre féminin.
      Décidément, les hommes lisent bien ce que leurs passions leurs dictent. Ne pas se faire violence âbime les autres, aussi.
      La Lumière peine à passer en Orient comme en Occident. Nous le savons.
      II- Contextualisé, les femmes exclues de tout accès au savoir, infantilisées, imprègnées de peur face à la violence masculine de l’ère anté-islamique, nous imaginons bien qu’elles étaient alors psychologiquement traumatisées au point de ressembler à des enfants sans autonomie de pensée et empruntent d’actes manquées, névroses et instabilités mentales. Oui, je ne doute pas qu’à cette époque, elles étaient “inférieures” à leurs maris. Soigner le mal à sa racine exige du temps.

  17. Mmh, je trouve cet article un peu déplacé, écrit par un homme. Un peu complaisant, peut-être, mais j’imagine que je me fais des idées. Après tout, quelqu’un doit le faire. Et puis c’est sans doute la portée de votre message, que je vous envie.
    A moi, il m’a toujours semblé évident que la Femme tenait une place privilégiée dans l’Islam. C’est à elle qu’est confiée sa propagation, non ? Et puis l’on y manifeste beaucoup d’égard pour sa beauté physique et spirituelle.

  18. Vous parlez de l’égalité en droit et de la complémentarité . Comment la femme peut elle etre à la fois égale à l’homme et complémentaire à lui ? Comment vous pouvez expliquer ceci ? merci

  19. Je suis d’accord sur toute la ligne pour ce qui concerne la naissance et la portée de l’activisme des femmes musulmanes en Occident -et c’est vrai que le mot “féminisme” me crispe un peu (ça me renvoie au Femen). Par contre, ailleurs, les musulmanes perdent souvent au bras de fer, ou n’entament pas de combat pour leurs droits.
    Un grand merci pour vos efforts de démêler tout ça.

  20. Salam Aleykoum, Bonjour,

    Je découvre un article sociologique très intéressant dans la mesure où il analyse en profondeur “le statut”, les acquis et les besoins de la femme musulmane d’ici et d’ailleurs.
    Pour ma part, je ne porte pas le voile. J’ai plutôt un style occidentalisé et à vrai dire je n’ai jamais vraiment eu besoin de me justifier auprès de qui que ce soit, car j’ai fait le choix d’être reconnue par ce que je fais ou par ce que j’apporte aux autres par exemple, et non pas, en justifiant mes origines ou ma religion.

    Merci

  21. Assalamu aleykum Sabine,
    Ton message date de 2004 certes mais in shâ’Allah tu le verras. Comment on se manifeste en tant que musulmane dans notre société ?
    Pour ma part, je suis exigeante envers moi même sans vraiment satisfaire cette exigence. Tout découle de la sincérité de mon intention dans mes actes, paroles, attitudes. La manifestation de la femme musulmane peut être juste sensorielle en ayant un impact positif au sein d’un environnement. Après sur le plan “matériel” c’est par l’échange au sein d’associations par exemple. (En groupe c’est plus productif)
    Il y a beaucoup de femmes musulmanes en structures éducatives. J’ai été ATSEM et femme de ménage dans une de ces structures pendant trois ans. J’ai pu observer un manque d’ouverture d’esprit qui a une influence sur les enfants. Ces enfants se manifesteront demain dans la société.. Le grand défi serait de créer un lien entre les enfants issus d’écoles musulmanes et ceux issus d’écoles catholiques, juives ou laïques. Par des activités extra-scolaire (atelier conte, atelier culinaire, art plastique) Pour l’instant rien ne s’est concrétisé..
    J’espère que tu as obtenu ton diplôme. Et que par ton enseignement tu véhicules des valeurs universels à tes petits soldats !

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